• Forêt québécoise par une journée d'hiver bien froide, mais ensoleillée
  • Un sentier en forêt au Québec après un long retour à l'hiver canadien
  • Un champ de sumac au sommet d'une montagne lors de notre retour en hiver
Comment gérer le blues du retour ?

On dit que le plus dur dans n’importe quel voyage, c’est le retour à la maison après un grand voyage. On l’appelle communément le choc du retour

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Comment ça se passe ton retour ?

 

À chaque fois, vient la même question. Mais, retour de quoi au juste. Une question que je me posais depuis les tous débuts de mes voyages, c’était de savoir si j’allais un jour me tanner de ce rythme de vie nomade et si, un jour, je me déciderais finalement à « rentrer » à la maison. À bien y penser, le voyage m’a surtout fait comprendre une chose : je n’ai pas encore trouvé ma maison, mon lieu de sédentarisation utopique, le lieu qui ferait s’estomper mon besoin constant de bougeotte. Cela rend en quelques sortes, « le retour » impossible. Oui, je suis Québécois, j’aime le froid, ma famille me manque et j’adore revoir mes amis, mais pour répondre à la question initiale, il m’est vraiment impossible de savoir comment se passe mon retour à la maison, car je n’ai aucune idée où elle se trouve, ma maison. 

 

Style de vie.

Notre style de vie depuis quatre ans nous permet de nous immiscer dans la vie des autres à court et moyen terme. On vit d’échanges et de proximité avec des gens d’un peu partout dans le monde. C’est notre dada à nous. Vivre selon plusieurs styles, rythmes et couleurs de vie. En fait, pour moi, le voyage, c’est un peu ma manière personnelle de trouver ma maison à moi. C’est comme si à chaque destination, je pouvais tester le pour et le contre de vivre dans tel ou telle ville, dans tel ou tel style d’appartement avec tel ou telle relation avec mon entourage humain. Perdu dans un échange à la ferme (WOOFing) dans les bois ou profiter d’une vie urbaine à travers un #housesitting dans un chic quartier de métropole, on s’invente à chaque fois une nouvelle vie. On vagabonde à droite à gauche, sans plus de plans concrets que de s’imprégner le plus possible des situations changeantes qui jalonnent notre quotidien pour voir ce qui nous plaît, ou pas. 

À tout vous dire, jusqu’à présent, on n’a pas encore eu de coup de foudre réel. On se contente de faire des listes de ce qu’on ne veut pas, histoire d’avoir une idée approximative de plus en plus juste de ce qu’on veut vraiment. En soi, il n’y a rien de mal là-dedans, on pratique le home shopping. On regarde, on tourne la boîte, on l’essaye sur nous, on joue avec et puis après un certain temps, on hésite, puis on la remet dans l’étagère, toujours indécis. Des fois, on hésite un peu plus longuement et ça devient plus difficile de remettre la boite sur l’étagère. Mais après quelques jours, on a les yeux à nouveau sur une nouvelle boîte dans l’étagère d’en face. Il ne faut pas s’en faire, avec notre rythme de vie, ça va et ça vient. On visite, on juge, on apprend, on explore, mais parfois, on en oublie aussi l’essentiel : le choix réel vient à terme seulement lorsqu’on prend finalement sa décision. Malgré que notre décision, c’est de ne pas prendre de décision pour l’instant, parfois le ruminement cérébral ne peut que nous rattraper. 

 

Dilemme.

Notre dilemme à nous, c’est que notre amour commun, c’est le voyage. C’est notre terrain de jeux, c’est notre réalité quotidienne, c’est la source de nos vies communes. Mais il faut être honnête, on aimerait bien se poser, parfois. Mais où ? Le retour pour nous deux, ce n’est plus possible. C’est encore plus compliqué que notre retour individuel à chacun. Chez moi, ce n’est pas chez elle et chez elle, ce n’est pas chez moi. C’est dur, mais c’est énergisant à la fois. Faut seulement savoir regarder du bon côté.

Donc, sachant que le retour n’est plus vraiment possible, théoriquement, comment peut-on s’offrir quelques moments de repos commun dans cette grande quête commune de longue haleine. Vous savez le vrai repos du guerrier, dans nos vieilles pantoufles sans se soucier de la logistique du voyage, à profiter sans trop réfléchir et à se laisser porter par le mouvement de masse que seul le retour à la maison peut nous permettre. Ne pas s’obliger à rien et laisser aller les choses d’elle-même, pour un certain temps, avant de mieux repartir, ou pas.

 

Repos.

En quelques sortes, le repos, c’est un peu comme un recul sur le voyage. Mais voyager, c’est déjà une action qui nous donne du recul sur notre ancienne vie. Ça devient d’une certaine façon du recul sur du recul. Ça s’annule donc, non ?

Du recul sur nos voyages, c’est en fait revenir dans un mode plus sédentaire, sans avoir à ne rien planifier, visiter, écrire, couvrir, photographier ou organiser. C’est une pause, un brin de calme dans un mouvement continu à explorer le monde. Juste à en parler, je me sens déjà plus zen, plus calme. Rien faire. Point. C’est un peu la nouvelle drogue de notre génération. Pas, rien faire, comme dans lire un livre rien faire, mais pas non plus, rien faire, comme dans être assis dans un divan à regarder le mur rien faire. Faut un juste-milieu. C’est plus comme du rien faire mental. Le repos du cerveau, du stress et de nos obligations. 

Qu’est-ce qu’il y a de mal à prendre un peu de repos pour se remettre les idées en ordre ? Rien. Le truc, c’est surtout que le repos, quand ce n’est pas totalement justifié, ça peut paraître parfois lâche. Mais en même temps, courir à fond de train, ça démontre qu’on fuit quelque chose. Tout n’est jamais parfait. Profiter au maximum de la destination, mais tenter de faire du sens en même temps dans tous ses voyages. Découvrir des choses sur soi versus explorer les moindres recoins d’une nouvelle destination tendance. Terminer un texte ou profiter de bonnes soirées avec de nouveaux inconnus. Partager du bonheur avec nos proches ou profiter d’un brin de folie égoïste.

Quand le rythme entrainant des destinations n’est plus le même, c’est toujours plus dur de ralentir sur soi-même, vers l’intérieur. Le changement continu nous permet de rester protégé par cette vitesse énorme, que la question de fond ne se pose même pas : pourquoi fait-on tout ça ? Peu importe, on le fait et voilà tout. Il n’y a pas de question à se poser. Le rythme soutenu du parcours des destinations implique une action, non pas une réflexion. Qu’advient-il alors lorsqu’on diminue la cadence et que la réflexion ne semble pas toujours faire de sens ?

C’est peut-être ça le repos idéal. Prendre le temps de se questionner sur un rien et voir comment on en ressort à l’autre bout. Décrocher ou s’accrocher. Partir ou revenir. S’arrêter ou continuer. Mais sans jamais oublier d’avancer.

 

T’en penses quoi de tout ça curieux, ajoutes ton commentaire au bas…

 

Un sentier en forêt au Québec après un long retour à l'hiver canadien
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↪ Forêt québécoise par une journée d’hiver bien froide, mais bien ensoleillée 

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