• Une cliente du bar et amie de la famille...
  • Partenaire de grandes discussions
  • Betty notre barman préférée
  • Hum! Un bon mishkaki...
  • Notre poumbafou favoris...
  • Le kaka favoris (kaka en swahili veut dire frère... en passant)
  • Jacky l'une des trois soeurs propriétaires du coumpund
  • Petite séance portrait pour la veille du nouvel an...
  • Érika la grande patronne...
  • Serveuse sourire...
  • L'homme à tout faire du compound, surtout à la cuisine
  • Le cuisto
Bongo Fla..Quoi ?

Le Bongo Flava est un style de musique purement Tanzanien. Le terme flava en swahili signifie «saveur», alors que Bongo signifie soit l’Afrique ou plus particulièrement la ville de Dar es Salaam. Il s’agit d’un fameux mélange de hip-hop américain, de R&B et de reggae. On y ajoute une pincée de rythme africain traditionnel et on obtient cette mélodie éclectique. Laissez-vous tenter avec notre choix musical ci-dessous …

notre choix musical
pour cet article
http://8tracks.com/detourlocal/bongo-tanzania/player_v3_universal

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Image © Dorling Kindersley L’Afrique, dès les premiers instants, c’est bizarre. C’est un continent où tout se cogne et se confronte constamment. À ce qu’on entend, la Tanzanie tente désespérément de se trouver une identité, une couleur, une saveur, mais cela ne semble pas toujours si simple. Elle ne sait pas si elle doit être riche ou pauvre, en paix ou en guerre, pleine de souvenirs ou amnésique de drames sociaux. Ici, même les bananes se remettent en question. Elles sont parfois sucrées, salées, cuites ou frites, ou tout simplement suspendues et abandonnées à un crochet rouillé dans une cabine d’askaris (un gardien qui contrôle l’entrée aux propriétés). Même la musique n’y trouve pas son compte. Elle s’inspire du vieux rap Nord-Américain, mais elle se dissimule dans une tonalité africaine. Le résultat n’est pas toujours convainquant. Malgré tout, la constante sur-écoute rend très rapidement ce rythme nouveau-démodé de plus en plus familier et agréable à mon oreille.   

 

Mes premières impressions en Tanzanie

La Tanzanie me plait. Dans toute sa quête, on y retrouve un peu de vérité sur soi. On n’est jamais vraiment sûr de qui on est et on tente, nous aussi, parfois désespérément de changer notre parcours. En effet, ici, je me sens bien, je me sens chez-moi. Dans mon petit «compound», on retrouve tout le confort type auquel un blanc est habitué. Mais il faut dire que le luxe côtoie la pauvreté stagnante du quotidien africain. Je dois me faire à l’idée que si personne ne parvient à trouver une solution populaire pour changer les problèmes de notre société québécoise, et bien ici, c’est un peu plus complexe. La corruption, la prostitution, la barrière linguistique des différentes tribus, l’omniprésence de la religion et l’inégalité sociale créent, tous ensemble, un mélange amers et impossible à digérer. Alors, quand on a les moyens, il vaut mieux se cacher dans son petit coin de paradis sécurisé. Loin de tous ces maux avec nos fiers askaris, oh-comment sous-payés, en qui nous cédons notre sécurité et celle de nos invités.

Du coup, coincé entre les murs de bétons blancs de ma nouvelle résidence, je m’habitue peu à peu à oublier toute cette misère qui se cache derrière la végétation abondante de mon joli petit jardin. De temps à autre, je prends mes jambes à mon coup pour mon jogging hebdomadaire et, comme un voleur, je me faufile dans leur quotidien. Sur mon parcours de 5km qui me ramène, après quelques moments d’évasion, à mon point de départ sécurisé. Ils me regardent tous comme une attraction de cirque, sans vraiment comprendre pourquoi je m’obstine ardemment à suer mes bières de la veille. 

Le clash Tanzanie vs. Occident

 

  1. En Tanzanie, on mange beaucoup avec les mains. Ark!! Ne  vous inquiétez pas, l’hygiène n’en est pas pour autant affecté. Avant chaque repas, on a droit au grand service royal du lavage de main. La première fois, ça surprend! Votre serveur tout gentil, le grand sourire aux lèvres, vous regarde avec impatience, la cruche d’eau chaude d’une main et la bassine de l’autre. Malgré que la majorité des touristes mangent avec leurs ustensiles, le protocole y reste très important. Parfois on a droit à la bassine, parfois aux serviettes humides en tissu. Mais jamais au grand jamais, vous ne mangerez les mains sales! La grande classe. Ce service, vous êtes offerts partout, que ce soit au petit snack du coin ou au grand restaurant d’expatriés. Et au final, il est beaucoup plus agréable de déguster son poulet coupé bizarrement avec des doigts tout propres. (pour ceux qui n’ont jamais visité, sachez qu’ici on ne coupe pas le poulet comme chez nous. Il est très difficile de savoir quelle partie on a dans son assiette. On a l’impression que le poulet a été décapité par un chef surexcité). 
    Après un certain temps, on y prend goût. Manger son riz avec les doigts, c’est un peu comme revenir à l’enfance. On ne peut qu’en rire. On termine même le repas en dégustant les restes qui sont restés collés à nos doigts. Pour les fervents de propreté, ne vous inquiétez pas. Après le repas, on a droit à un second tour du service royal. Oubliez vos minis lingettes humides jetables en forme de carré et qui sentent le windex (produit bleu pour laver les vitres), ici en Tanzanie, on vous reçoit comme il se doit. 
    Surtout, évitez de manger avec la main gauche! C’est la main usuelle qui sert au petit coin. Les regards de dégoût viendront très rapidement, si vous oubliez cette règle importante. 
  2. En Tanzanie, il n’est pas nécessaire d’attendre l’autobus. Mieux vaut marcher en direction de votre destination et attendre le cris du contrôleur: « Mzungu mzungu, Posta Posta » (hey! Embarques on va au centre-ville). Un simple levé de la main suffit pour signaler votre intention d’embarquer. Il faut oublier également le luxe d’un autobus à double portes munis de beaux boutons rouges pour signifier votre intention de sortir. Vous êtes dans un vieux van chinois avec une personne qui s’occupe de faire la communication entre vous et le chauffeur. 
  3. En Tanzanie, la file indienne n’existe pas. On pourrait plutôt parler ici d’un tas indien. Un exemple flagrant est la traversée en ferrie de Dar es Salaam à Kigamboni. Tout le monde s’entasse sous un toit de tôle le plus près possible de la barrière d’entrée. Peu à peu, on ressent la pression et la surabondance de gens dans l’enclos. Puis, un son de cloche se fait entendre et la barrière s’ouvre; c’est le temps d’y aller. Le plus rapidement possible il faut pousser à travers la masse et espérer sortir du tas en premier pour avoir la «meilleure place». On est tellement coincé dans la masse-monde qu’on a quasi l’impression de ne plus toucher terre. Ce qui est le plus fou, c’est que la durée de la traversée n’est que de cinq (5) minutes. Pourquoi tant d’empressement pour avoir la meilleure place? On n’a jamais pu trouver la réponse. Le pire dans tout ça, c’est que s’est partout pareille. Dans le bus, au marché ou dans les bars il faut jouer du coude pour garder sa place. 
  4. En Tanzanie le soir, étrangers ou locaux, il est tout simplement impensable de marcher seul dans la rue. On oublie ici les marches romantiques le bord de l’eau, les bains de minuit sur la plage ou un city walk pour apprécier la vie nocturne à pied. Toute activité nocturne se passe entre quatre murs de bétons et gardes Massaï (communauté de grands hommes vêtus d’un couverture rouge et d’un grand bâton de bois. Ils sont reconnus comme étant les grands guerriers d’Afrique et ils ont le respect total de la population locale. Leur force de frappe est, à ce qu’on dit, légendaire). On transit d’un endroit sécuritaire à un autre, grâce aux fameux badjaj ou taxis. A priori, ça choque un peu. On croit que c’est du bluff, de l’attrape-touriste pour payer plus chers nos transports. Mais assez rapidement, on se rend compte que la vie, ici, ne tient vraiment qu’à un fil et c’est encore plus vrai la nuit. Histoire de l’un, malchance de l’autre, on oublie rapidement notre inconfort et on suit la parade.

    Kaka kaka, shilling gapi ya Msasani? Twendeni!
    (taxi taxi, combien pour retourner à la maison? Let’s go!)

 deco_tz_dar

Bien qu’il y ait un énorme clash de culture, il est possible de croiser des endroits de réel partage inter-culturel. On y mélange le blanc et le noir, pour créer une nuance de gris. Petit bémol, on parle plus souvent qu’autrement d’échanges culturels avec des gens «aisés» qui respectent un certain protocole non-écrit. Comme une sorte de parole de gentleman qui fait que le gris reste toujours stable. En aucun cas, il ne divaguera vers le sur-saturé aux abords du spectre. C’est plus facile de partager le même point de vue, en tant que gens «éduqués», lorsqu’on parle de la misère et de la pauvreté du pays. Muzungus (étrangers expatriés) ou tanzanien, l’analyse du problème reste la même. On compare la lâcheté et la stagnation d’un côté, avec le travail ardu et l’élévation sociale de l’autre. On théorise sur l’éducation absente de l’enfant et son incapacité à oeuvrer, devenu plus grand, dans le monde moderne. Ce n’est pas de leur faute et surtout pas la faute à personne d’autre. La vie est ainsi faite et on ne peut rien y faire. En fait, tous ces gentlemans civilisés tentent, tant bien que mal, d’aider à leur manière dans leur entourage, afin de faire taire leurs démons intérieurs. Mais surtout rien à grande échelle, rien de concret, rien de constant. Aucune solution globale ne permet d’apporter réellement l’espoir à cette société, qu’un jour, il y ait une vraie réduction des énormes écarts d’inégalités. On visite un orphelinat, on donne des crayons, mais en bout de ligne les problèmes de la rue ne sont pas aussi facile à cerner.   

 

Quand mère nature s’en mêle…

Ce soir, pour une des premières fois depuis mon arrivée, il pleut. Un rare moment où tout s’arrête et où l’on prend le temps de s’arrêter soi-même. Le bruit sourd de la pluie rythme mon écriture, pour faire place à ces sentiments disparates qui dessinent mon expérience africaine. Avec tout cela en tête, je reste assis, coincé sur le rebord de ma porte, à moitié mouillé par une lourde pluie qui avait hâte de tomber. Elle nettoie, en quelques sortes, l’animosité qu’apporte la chaleur aride des semaines passées, qui troublait notre confort en dehors de nos château-fort climatisés. Lorsqu’il pleut ici l’air est enfin agréable, frais et surtout le même pour tous, riche ou pauvre. Aucun besoin de technologie coûteuse pour standardiser notre chez soi. Seulement un toit, une famille, des amis, des proches avec qui on peut partager un bref moment de repos forcé. Pole pole, karibu Bongo! (relaxe, bienvenue en Afrique)

Ici les événements naturels règlent le rythme des activités sociales. Manque d’électricité, pole sana vous devrez revenir demain. Pluie trop abondante, pole sana je n’ai pas pu répondre à ton courriel car internet ne marchait pas. Toutes les excuses sont bonnes et surtout elles sont très fréquentes. Vivre dans ce genre d’environnement me rend parfois mélancolique de mon chez moi, où tout roule comme un moteur neuf, à l’heure, sans excuse ni raisons. Mais à force de côtoyer ce rythme africain, je me rends compte qu’en tentant de standardiser ma vie dans un doux confort industrialisé, j’en ai oublié l’essentiel. La beauté de la vie n’est pas dans son apparence loufoque, mais plutôt dans ces échanges étranges, où l’on ne sait pas trop quoi penser. Le tout déroute peu à peu notre être vers quelque chose de différent.

La Tanzanie me déroute, l’Afrique me déroute. Mes idéaux ici s’effondrent à tout moment. Un jour je suis emballé par leur simplicité à être heureux, l’autre jour je voudrais tous leur enseigner la «bonne» manière de vivre. En fait, tous les repères qu’ont m’a si sagement appris se font fortement brasser la cage. Comme on dit chez nous, ils passent un esti d’mauvais quart d’heure. Ce qui est le plus drôle dans tout ça, c’est que ça me plait. J’ai toujours eu envie d’aventure et de différent, et ici, enfin, je m’en abreuve à profusion. Mais comment vous expliquer ce bouillonnement intérieur? 

L’Afrique s’est à vivre au moins une fois dans sa vie. 

 

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